Témoignage d’Irma Da Silva, gérante du café Le Family accompagné par « 1000 cafés »

10/08/2023 |
#1000 cafés
Le 1er juillet 2022, le café Le Family ouvrait ses portes dans le village de Saint-Clément, en Meurthe-et-Moselle. En quelques semaines, l’établissement est devenu LE café du village proposant de nombreux services aux habitants. Tout cela a été possible grâce à l’énergie et la détermination de sa gérante, Irma Da Silva. Cette dernière a décidé de reprendre seule le café de sa mère après plusieurs années professionnelles dans la parfumerie. Alors que l’établissement souffle sa première bougie, nous avons interrogé Irma pour en savoir plus sur son café et sur l’accompagnement « 1 000 cafés ».

Pourriez-vous vous présenter ?  

Je m’appelle Irma DA SILVA et en 2021, j’ai décidé de me lancer dans la création de mon entreprise. Après 20 années passées dans le domaine de la parfumerie, j’ai pris la décision de reprendre le fonds de commerce du bar-tabac de Saint-Clément situé à côté de mon domicile. L’expérience de la parfumerie m’a apporté certains points essentiels : le contact de la clientèle que j’apprécie particulièrement.  

C’est une petite partie de ce qui m’a donné envie de faire mon propre commerce. La plus grande partie est que ce fonds de commerce appartenait à ma maman qui l’a exploité pendant de nombreuses années avant son décès. J’ai grandi dans ce bar et j’ai également beaucoup aidé ma maman derrière le comptoir où j’aimais déjà particulièrement être au contact des clients, c’était un peu comme une deuxième famille. 

Le café est un lieu très convivial et familial car je viens du village. Les personnes que je côtoie au bar m’ont vu grandir pour les plus anciens. Et pour les plus jeunes, on a fait la fête ensemble. Je n’ai pas l’impression de travailler !  

D’où le nom de mon commerce « Le Family » qui reflète parfaitement l’esprit que je veux avoir dans mon café et où les gens se retrouvent pour se changer les idées et se retrouver autour d’une table.  

 

Pourriez-vous présenter votre café et les services qu’il propose ?  

« Le Family » c’est le café du village de Saint-Clément. Un vrai lieu de rencontre où tout le village aime se retrouver. Plus que pour prendre un verre au bar, les clients peuvent profiter de la cuisine et de la belle terrasse installée devant l’établissement. Ils ont aussi le Proxi [espace épicerie] qui s’est intégré au café dès 2021 et l’espace bureau de tabac, Française des Jeux et PMU, le relai colis, le retrait d’argent, le point presse ou encore le rechargement téléphonique.  

Ce lieu a été créé pour qu’on s’y sente bien et je l’ai réaménagé dans ce sens. C’est aussi un lieu de vie qui offre de nombreuses animations (par exemple : les soirées latinos ou années 90 et 2000 ou encore, les apéro concert) et des rendez-vous pour les habitants comme les vendredis pizzas ou les spectacles d’accordéon tous les dimanches.  

« Le Family » est aussi un lieu qui évolue. Comme le développement du snacking qui sera proposé à partir de la rentrée de septembre les samedis soir et les midis.  

 

Comment a évolué votre équipe en un an d’activités ?  

Au début, je voulais tenir mon établissement seule avec 2 apprentis. Mais à ce moment-là, je ne voyais pas le travail que c’était. Maintenant, j’ai une équipe avec 2 apprentis, 1 CDI de 35h (2 CDI à partir de septembre) et 1 CDI de 30h (dont plus de 20h en cuisine). C’est une belle équipe ! Pour un commerce de village, cela fait pas mal d’emplois. Toutes les personnes de l’équipe sont originaires du village et des alentours. 

J’ai payé à mon équipe 2 formations : une en HACCP et une formation snacking. A partir de janvier, j’ai prévu une formation dans la vente. Car je ne cherche pas spécialement des gens avec de l’expérience dans le domaine. Je ne cherche pas des diplômes. Je cherche des gens qui ont envi travailler et de s’investir.  

 

Pour vous, qu’est-ce qui vous prend le plus d’énergie dans votre métier ?   

 Pour moi, la plus grosse fatigue dans ce métier c’est la gestion des papiers et le stress de bien faire. Comme je suis perfectionniste, le fait d’avoir peur de louper une soirée :  c’est du stress. Mais c’est le métier ! 

 

Comment avez-vous entendu parler de l’accompagnement du programme « 1000 cafés » ?  

 Ce sont les maires des communes autour qui m’en ont parlé. Tout d’abord, c’est le maire de la commune voisine de Vathiménil qui m’en a parlé. Puis, le maire de ma propre commune m’en a parlé également et m’a transmis un e-mail d’explication de « 1000 cafés ». Ensuite, j’ai monté le dossier et envoyé la candidature.  

 

Pour quelles raisons avez-vous fait appel à cet accompagnement ?  

Je me suis d’abord renseignée un peu sur ce qu’était « 1000 cafés ». Puis, je me suis dit que les gens qui venaient du milieu ne pouvaient m’apporter que du plus.  

D’abord, je voulais connaître toutes les subventions dont on peut bénéficier car c’est un grand projet. Je me suis alors dit que « 1 000 cafés » pouvait m’indiquer les possibilités. Et après ça, je me suis dit qu’il pouvait me donner que de bons conseils pour démarrer et pour ne pas oublier des choses.  

C’était un accompagnement assez global : au début je posais plein de questions. Nous avons plus ciblé le suivi après. Notamment par rapport aux choses que je n’avais pas encore mises en place : la restauration ou le snacking. Par exemple, il y a un moment où nous nous sommes plus concentrés avec Lucas [référent d’Irma et membre de « 1000 cafés » ] sur la partie snacking.  

 

Pourriez-vous nous préciser comment s’est organisé cet accompagnement ?  

Le retour de l’association a été très rapide [après l’envoi de la candidature]. Nous avons décidé ensemble de comment se ferait l’accompagnement car tout cela a été fait avant l’ouverture du commerce. Lucas m’a conseillé de laisser passer l’ouverture pour ne pas trop galérer en gérant les deux en même temps. Sachant qu’avec l’ouverture, il y avait beaucoup de choses que je souhaitais mettre en place et que je n’étais pas du tout du métier au départ.  

Lucas est venu plusieurs fois au café, minimum 3 fois. Il y a aussi eu des appels téléphoniques et des e-mails.  

J’ai aussi participé à un regroupement d’informations sur la HACCP [Hygiène alimentaire et Plan de Maîtrise Sanitaire]. Il y avait plusieurs gérants et c’était assez sympa d’avoir leurs retours par rapport à leurs expériences. C’est bien de pouvoir avoir le témoignage des autres gérants pour savoir comment ils gèrent, qu’est-ce qui a été positif, qu’est-ce qui a été négatif. Nous étions tous des gérants accompagnés et nous avons bénéficié du témoignage d’un gérant non-accompagné qui était à son compte depuis longtemps.  

Lucas est quelqu’un de simple, à l’écoute et de bons conseils. Le fait d’avoir quelqu’un qui a de l’expérience dans le domaine est un plus. Il était vraiment à l’écoute de ce qu’on voulait. Par exemple, nous voulions avoir des conseils avant de publier quelque chose sur Facebook, pour faire de la publicité : il était là pour nous conseiller.  

 

Pour vous, quel est l’élément le plus précieux dans ce suivi ?  

C’est de savoir que l’on a quelqu’un à qui on peut téléphoner, à n’importe quel moment, ou envoyer un e-mail où on va avoir un retour. Et d’avoir des conseils pour s’améliorer et donner le meilleur à mon commerce. Je pense que l’élément le plus précieux c’est ça : c’est l’échange. Car c’est assez important quand on est toute seule à monter un projet comme ça, qu’on n’est pas du milieu : on essaie de faire au mieux sur le moment mais c’est vrai qu’avoir des conseils de professionnel, d’autres personnes, c’est bien. Ça soulage. Dans mon café, je fais vraiment tout pratiquement. C’est du travail ! 

 

Suite au suivi « 1000 cafés », avez-vous mis en place certaine recommandations ?  

Pendant le suivi, il y avait un questionnaire que j’ai distribué dans mon village et ceux aux alentours qui demandait aux habitants les éléments à améliorer (Par exemple, ce qui manque dans l’épicerie, pourquoi ils viennent dans le commerce, …). J’ai eu pas mal de retours. C’était sympa cet outil pour savoir ce que les clients attendaient de mon commerce et voir ce qui était positif et négatif pour m’améliorer justement.  

Il y a aussi le conseil donné par Lucas de former mes salariés aux normes HACCP, que j’ai suivi.  

Je pense aussi aux fiches techniques à mettre en place pour les snackings.  

Enfin, tous les conseils que Lucas a pu me donner, je les ai suivi à la lettre.  

 

Votre café est également devenu membre du réseau « 1 000 cafés », pourriez-vous nous partager les avantages de faire partie de cette communauté ?  

 On m’avait invité à la journée des gérants [la Journée Régionale du réseau des gérants qui a eu lieu fin mars 2023], mais je n’ai pas pu y aller cette fois-ci.  

Sur le groupe Facebook des gérants, je suis les autres cafés. Ce qui donne des idées. C’est bien de voir comment travaillent les autres. Mais je manque de temps : depuis que j’ai ouvert c’est surtout le travail, le travail, le travail …  

 

Au sujet de votre café, quel est l’élément qui vous rend la plus fière aujourd’hui ?  

C’est un lieu où tout le monde se retrouve. Par exemple, tous les mardis matin des dames se retrouvent au café soit en terrasse, soit à l’intérieur en fonction du temps qu’il fait et elles s’appellent : « La table des veuves ». Au début, il y avait 2 veuves, puis 4 et aujourd’hui nous sommes sur des tables de 6 à 8 personnes. Elles se retrouvent, elles discutent, elles rigolent. Et après leur petit café ou leur petite tisane, les discussions qu’elles ont, elles vont dans le côté épicerie et font chacune leurs courses et après, elles partent. 

Ce qui est bien c’est que toutes les générations viennent. Il y a aussi bien des familles qui viennent prendre le goûter. D’ailleurs tous les mercredis après-midi, nous faisons des crêpes. Le week-end, il y a aussi bien des gens de 45-50 ans, voire plus qui viennent pendant les soirées. Et les plus jeunes, aussi. C’est ma petite fierté car c’est le lieu convivial du village où tout le monde se regroupe. Par exemple, il y a un client qui vient pour l’épicerie et finalement il voit un copain sur la terrasse. Il va lui dire bonjour et puis, il s’installe prendre un verre avec lui tout simplement.  

Tout le monde me le dit à chaque fois : c’est un lieu où on trouve tout. C’est devenu le café du village. Tous les gens qui me connaissent le disent : « Ta mère, de la haut doit être fière ». 

 

Souhaitez-vous ajouter un mot ?  

 Je souhaite remercier « 1000 cafés » pour un tel suivi et merci à toutes les personnes qui m’ont soutenue dans ce projet.  

 

De passage en Meurthe-et-Moselle, n’hésitez pas à vous arrêter au café Le Family qui se situe au 4 rue Mangenot, 54950 Saint-Clément. Pour suivre toutes les actualités du café, suivez sa page Facebook juste ici.  

Le programme « 1 000 cafés » agit pour redynamiser les villages en rouvrant ou en soutenant des cafés proposant des services de proximité. Si, comme Irma, vous êtes gérant du dernier café en activité dans votre village et que vous avez besoin d’un accompagnement pour le développement de votre commerce, nous pouvons vous aider. Pour en savoir plus, rendez-vous sur la page dédiée de notre site : https://www.1000cafes.org/accompagnement-cafes/ .

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